Déboires à Lampedusa.

Publié le par David D. Duquerroigt

J'aurai beaucoup de mal à m'acquitter de mon devoir de réserve.

Je vais essayer.

La réponse de ma centrale transmise avec les précautions d'usage et sur-codée m'est parvenue, je traduis en caviardant tous les passages trop explicites :

A la suite d'un accord de gouvernement à gouvernement ,  X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X , voici la procédure.
Effacez vos traces sur le continent africain, spécialement en X X X X X X X X X X X X X..
Ensuite, une fois cette tâche de longue haleine accomplie,
nous vous indiquerons dans quelle capitale européenne  X X X X X X X X X X X  vous rendre pour l'opération  " RETOUR  AU  BERCAIL " de l'objet  X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X dont vous avez la charge et dont le profil a commencé à vous apparaître
.

Muni de ces instructions, j'ai renoncé à effacer mes traces sur le continent, c'était absolument impossible et j'ai pris d'abord un petit bateau pour rentrer par Lampedusa pour brouiller les pistes.

Mal m'en prit, confondu avec les passagers clandestins qui arrivent sans cesse dans cette île qui marque les barrières maritimes de l'Europe   -   j'avais envisagé le cas, mais n'avais pas mesuré les possibles désastres qu'engendrerait ce choix  -   je fus retenu au centre de détention avec 700 autres prisonniers.

Inutile d'insister sur les conditions de détention qui sont connues. Mais pour mon malheur, je les partageais. C'est une chose de les voir exposées dans un article ou même filmées dans un reportage, c'en et une autre d'y être plongé et exposé.
Le duc de Palma, prince de Lampedusa, en son château, n'aurait pu, en son temps pourtant fort troublé, imaginer pareille misère, détresse, que dire ? honteuse infamie ?

La chance me sourit dans mon malheur, la pression des détenus en surnombre fit exploser les grilles de la prison où nous étions enfermés. Je me retrouvai à la rue et ne profitai pas de la fin du défilé de protestation pour revenir à ma piteuse auberge européenne.

Voilà comment je suis parvenu, laissant ces malheureux provenant d'Egypte, d'Abyssinie ou de plus loin, à leur sort peu enviable, assez rapidement, en définitive, non pas dans l'université dont on m'avait parlé, mais dans l'extraordinaire galerie d'un riche musée pleurant misère mais  restauré récemment , dont je tairai le nom.



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Publié dans agents secrets

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