Il suffisait de prendre un billet et d'entrer dans la galerie remplie de squelettes géants.

Publié le par David D. Duquerroigt

La moindre indication trop précise sur ce lieu où je suis, après avoir passé de multiples frontières et passée l'heure d'ouverture au public, vous permettrait sans doute de découvrir mes sources et de situer précisément l'endroit où je vais commettre mon crime.
Je vais essayer d'en dire le moins, ou . . . dans ces conditions,  le plus que je pourrai.
C'est un lieu historique, immense, superbe, à très haut plafond. éclaire, de jour, à lumière zénithale.

Les agents spéciaux, titulaires ou non sont chargés officiellement mais sans preuve et sans garantie, de commettre de tels crimes. Je suis entré sans effraction et me suis fait enfermer.
Attendant que la nuit tombe.

Toute illustration même vicieusement indirecte, biaisée et absolument placée en porte à faux , comme c'est toujours le cas dans ce journal, risquerait de compromettre ma volonté de garder le secret et de révéler, contre ma volonté, quelque indice.

Veuillez, donc excuser, l'exceptionnelle disparition, l'aveuglement de ces fenêtres que sont les images, durant cette phase particulièrement occulte de l'opération,
bien que je sache le préjudice que je vous cause ainsi.

Une illustration quelle qu'elle soit, facilite et aère la lecture et le lecteur, je le sais bien.

Ici donc black-out, air confiné, suffocation.

J'étais  entré dans l'immense galerie d'histoire naturelle dont vous ne verrez aucune image, le coeur battant.
J'attendais l'heure fatidique.

Cela ne facilitera pas les velléités inquisitrices du simple lecteur curieux, ni le zelle du spécialiste de l'information, tous deux  en mal de faits divers étranges.

D'autant que chaque nation Europe et du monde a su créer, depuis Buffon,  Linée, Cuvier, Darwin et leurs successeurs, ses versions propres de ces lieux incroyables. Ils sont à la culture collective ce que chaque cabinet de curiosité était pour l'amateur éclairé autrefois. Ils sont en fait, beaucoup plus, des lieux où nous pouvons communiquer et communier avec nos origines. Des palais qui remontent bien au-delà de notre préhistoire humaine.


Je suis là ce soir.
Caché sous l'ancêtre de la belle petite  baleine carnivore du miocène, accompagnée de son petit, , à peine plus grande qu'une moto, flanquée de son side-car, suspendue au plafond, au dessus de ma tête et  je suis là,  blotti  contre l'un des pieds crochus, gros comme une pelle articulée de tractopelle, exactement sous sa mâchoire  démesurée, dentée de lances et de sabres, fraternellement flanqué du dinosaure disparu au crétacé.

Je suis venu sans arme, c'est inutile.
En revanche, à mon appel, surgira le bataillon des acteurs et figurants qui vont s'emparer d'une bête dont je vous ai déjà parlé et qui n'est pas loin de cette scène fossile géante où je suis embusqué.

Je suis fier de vous lecteurs !

Puisque vous voilà, ceux qui ont répondu à l'appel, engagés avec moi dans l'action.

Le camion géant à la remorque isotherme est déjà garé, moteur en marche, tout près, dans la rue étroite qui porte le nom d'un grand savant.


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Publié dans agents secrets

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