Avant de partir, encore un mot.
Je n'ai pas que ça à faire, mais il faut ce qu'il faut.Je me rends compte que dans ma hate, je n'ai pas assez expliqué.
L'idée des Affaires extérieures et ici à Quito était de faire un grand cirque francophone pour la gloire de nos romans,
maintenant qu'on avait reconquis l'Everest, avec notre Nobel de littérature réattribué à la France.
Donc, ici, sur place, la tournée symboliquement devait commencer ici,
entre les deux hémisphère de notre petite planète,
allait avoir lieu une sorte de match intellectuel,
sous forme de dialogue percutant,
pas un colloque vieillot, vraiment trop obsolète,
pas une conférence de ces anciennes époques révolues
un vrai WESTERN VERBAL
avec mise à mort au pistolet, élimination des comparses
et duel final des super-cow-boys,
mettant aux prises nos meilleurs héros du moment,
nos gladiateurs médiatiques;
et la question aujourd'hui était :
qui va honorer les invitations lancées ?
Les billets étaient en place, les chambres d'hôtel réservées,
les budgets permettaient quelques réceptions plus quelques extra,
mais qui viendrait à ce combat ?
Philippe Sollers très pris, entre Paris, l'île de Ré et maintenant, surtout Venise où il avait depuis longtems son gondolier attitré, avait dit qu'il avait envie de venir;
avec Houellebecq, c'était moins sûr, il était reparti en Thailande après l'Espagne et l'Irlande, pour les impôts;
Le Clézio allait peut-être profiter d'un retour entre Maurice ou Rodrigues et Mexique, pour faire un crochet
Denis Roche , transfuge de Tel Quel auquel on avait finalement pensé,
le photographe, écrivain, éditeur fondateur de la Collection "Fiction et Cie" au Seuil, qui est une merveille,
ne supportait pas l'altitude de Quito (2800 mètres). Peut-être son successeur, combatif, le Suisse Bernard Comment, qui a pris sa succession, il y a quelques années.
Avoir un éditeur-écrivain ce pouvait être un avantage pour donner du ressort et de l'actualité au combat programmé.
On en était là quand je décidai, pour l'occasion de rester encore un peu, quitte à dépenser à Quito mon pécule.
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