Ma vie comme en un tableau.

Publié le par David D. Duquerroigt

Oui, j'étais là allongé, tranquille en apparence, inerte en surface.
Au fond de moi mon âme faisait des loopings et des chutes en piquée;
vous avez déjà vu la cabine bourrée de tableaux de bords , je veux dire débordant de partout, d'un A 380 ?
devant, derrière, sur le plafond, entre les sièges du pilote et du co-pilote et aussi sur les côtés,
avec des graphiques, des diagrammes, des boutons rouges, vert, bleus, des écrans partout,  etc . . .
ça fout la trouille, on se dit comment il font pour piloter ça ?
et bien ma vie était suspendue à ça.

Sauf que je n'étais en train ni de boire du whisky ni du champagne
et de lever mon verre en disant  pourvu que le pilote soit un as de la voltige pour ramener
tous ses passagers sains et saufs, combien déjà ? même en cas de pépin,
de réacteur, de pneu, de trou d'air, de dépression . . .

Nous y voilà,
j'étais seul dans l'avion,
je n'avais aucune idée de la façon de piloter un engin pareil,
il n'y avait que moi qui allait s'écraser, mais je ne vois pas comment
j'aurais pu l'éviter car

pertinemment je le savais :
ma vie reposait là inane

comme en un tableau.

Descartes, René, l'avait dit c'est vrai,

mais justement, lui avait rempli la sienne

lui savait  traverser le gué, sortir de la forêt, passer par

cogito, calcul analytique, dioptrique, météores, plein gaz et tout.
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Publié dans agents secrets

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