Je commençais à me sentit bien dans le brouhaha de Saïgon.

Publié le par David D. Duquerroigt

Un bruit épouvantable domine d'abord toutes les impressions.
Quelques voitures perdues comme des îles dans la cohue klaxonnent..
Quelques vélos, comme des barques fragiles, portant un deux ou trois passagers, zigzaguent en silence.
Un flot ininterrompu de vélo-moteurs et scooters en tous genres, fort comme un tsumami, baigne et semble vouloir emporter les petits commerces de rue, les piétons qui courent se mettre à l'abri, les marchands ambulants sur tricycles ou  accroupis à même le sol.

Quand on s'est habitué au bruit et à l'odeur d'essence, c'est comme une drogue dure, on se demande ce qui va se passer dans le calme retrouvé d'une chambre close ou d'une maison de banlieue, petite et plus calme. Tout ce peuple sérieux, laborieux, souplement agité de mouvements calculés, précis, étirés, est jeune, juvénile, comme insensible à la fatigue et au stress dans lequel il baigne.

J'ai suivi un Européen de loin.
Il ne m'a pas vu. J'ai choisi des vêtements gris délave, blancs, j'ai mis une perruque noire, raide sur la tête, je porte des lunettes noires. Je suis un peu trop grand mais arrive quand-même à jouer l'homme invisible. Les Vietnamiennes me regardent, je dois quand-même détonner, pour un regard autochtone, sur la banquette de mon vélo-taxi ou à pied sur le trottoir.

L'européen que je suis vient de disparaître au fond d'un magasin qui vend des oiseaux multicolores. On ne s'entend plus.

Vont-ils me rappeler ?
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Publié dans agents secrets

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C
J'aime bien ta façon de voir le monde
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