Sainte Brigitte, dont c'était la fête hier, protégez-moi . . . . !

Publié le par David D. Duquerroigt

                                Sainte Brigitte, patronne des navigateurs,
des fugitifs, des nouveaux-nés, des intermittents, des fureteurs,
des poètes et des paumés ,
que vous ai-je fait ?

Me voilà ici, enfermé,
sous l'ancêtre  carnivore de la baleine, posé comme sur un râtelier une pipe,
dessus le pied en forme de tractopèle du dinosaure, à attendre l'arrivée de mon équipe.
C'est déjà le petit matin.
J'ai des courbatures mais j'ai fini par m'endormir.
Pourtant, il ne peut pas y avoir erreur sur le jour. Nous sommes en février, traître mois, mais le 2 seulement.
Je n'ai pas pu me tromper,
eux non plus.

Le jour se lève, malgré les brumes épaisses, les gardiens vont arriver,
je dois trouver une planque.
Il y aurait bien la carapace de tortue géante sous laquelle je pourrais disparaître.
ça ne me dit rien.
J'ai trop vu, dans les documentaires, souffrir les tortues qui pleurent et qui pondent sur les plages du bout du monde.

J'ai trouvé.
Le gorille empaillé des monts du Kivu est un bon géant, ancêtre de King Kong, qui me protégera.
Bien que pacifique et en voie d'extinction, pris sur tous les fronts,
si on n'y prend garde, entre braconniers, réfugiés affamés et surtout exactions des bandes armées qui ravagent les frontières où il se tient,
il est tout à fait capable de protéger un fugitif de grande taille à l'âme un peu vague.
Je vais donc le choisir comme dieu tutélaire, lui qui a eu la sagesse et l'astuce surhumaine de faire
semblant de ne pas parler,
pour ne pas être réduit en esclavage et ne pas travailler.

C'est mon ami le gardien pygmée rencontré dans la canopée urbaine,
quand je n'avais pas trouvé d'autre lieu où dormir, que cette aubaine,
qui m'a appris cette blague.
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Publié dans agents secrets

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