Quelques mois plus tard, j'abandonnais les stats pour la jungle amazonienne.

Publié le par David D. Duquerroigt

Les nageurs de combat ça se forme à la dure.

Ils m'ont fait plonger sous la glace d'un torrent des Alpes près de Sallanches au mois de décembre, puis dans une sortie d'égout à Toulon pour tester mes capacités.
J'ai serré les dents et respiré par la bouche (de toutes façons . . .) pour ne pas sentir l'odeur, mais quelques grosses particules sont remontées par mes sinus maxilaires.

Je commençais presque à me dégoûter de la plongée.
Heureusement, il y a eu l'entraînement au saut en chute libre.
A 200 km par heure, ça réchauffe pas, mais ça redonne vie aux esprits.

Tout ça pour être finalement parachuté dans la chaleur torride où je suis aujourd'hui.

Récit en direct.

Rien que récupérer le matos, je vous dis pas.
Ils avaient tout réduit et compacté, mais déjà rien que la bouteille, les tubes, détendeurs, palmes, masque et tuba annexé, plus les rations de survie et l'armement allégé il est vrai et quelques vêtements de rechange, en plus.
Surtout que j'ai un peu raté mon coup.

Il était recommandé de se cramponner au double sac ventral et dorsal, avant la fin de la chute.
On a deux bras, c'est vrai, mais c'est pas très commode,
un devant un derrière, ça fait danse du scalp, comme posture,
en supposant, de plus qu'on fasse un petit roulé-boulé aussi groupé et souple, presque mou, que possible.

Ce qu'on ne vous dit pas, c'est que vous allez risquer de rester accroché dans la conopée
par ce p. . . de parachute qu'il a bien fallu ouvrir, mais ça tout le monde le sait ;
après avoir embrassé l'air à bras ouverts
sur une bonne longueur de chute, il faut bien l'ouvrir ce parachute.

Mais surtout
ce qu'on ne vous dit pas
c'est  qu'à tous les coups, quand vous tombez
roulé en boulé dans la jungle épaisse, mou comme un chwing-gom, ce qui vous attend  c'est une branche de caoba (c'est un arbre magnifique de l'Amazone),
alors, votre sac ventral éclate.
C'est mieux que le foie, certes.

Mais j'avais sauté à 6 heures 30, au petit jour non loin de l'équateur,
et il était midi dix, soleil au zénith sous l'équateur exactement, enfin pas tout à fait , c'est à peine plus au Nord et j'avais juste eu le temps de me dépatouiller des branches, des rameaux, des orchidées, des lianes et de toutes ces excroissances et de me mettre à l'ombre dans cette saleté de végétation luxuriante qui nous sert de poumon.
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Publié dans agents secrets

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